Tandis que Clermont-Ferrand s’installe au rang de nouvelle capitale du rock
français, faisant émerger une flopée de nouveaux groupes sur le devant de la
scène, Xanthine continue de mûrir tranquillement sa musique. À l’heure où
beaucoup surfent sur la vague rock’n roll garage, se réclamant des Stooges et
autres MC5, le power-trio de la « Liverpool française » semble la prendre à contre
courant, plutôt élevé à grandes doses de Kinks, Weezer ou Nada Surf.
Naviguant entre pop tendue et rock énervé, Xanthine distille des chansons
directes et efficaces où les rythmiques rugueuses flirtent avec la douceur de la
voix. Concepteurs de mélodies sucrées, les clermontois ne négligent pas pour
autant les guitares acérées, confiant à nos oreilles un mélange aigre-doux qui a
déjà séduit un public averti.
Xanthine a choisi la formule élémentaire du trio mais pouvait-il en être
autrement?
Rien n'est moins sûr à l'écoute des 12 power-songs qui composent Many
Times With Spring Recordings (à paraître très prochainement), comme autant de
manifestes de la sainte trinité guitare-basse-batterie. A l'heure où la tendance est
à "l'orchestra" et au "tout arrangements", ce premier album des Clermontois souffle
un vent de fraîcheur sur le rock hexagonal. Des riffs à l'efficacité quasi instinctive,
un chant à fleur de peau, le tout cousu d'un fil rythmique impeccable. Si la recette
ne date pas d'hier, on ne boude pas notre plaisir de retrouver, le temps d'un
disque, mieux, d'un concert, l'urgence originelle du rock, ou quand la musique
était faite pour être consommée goulument, sans plus de prétention.
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